René Saint-Pierre (2) 1956-1966

René Saint-Pierre à son bureau
Le 7 septembre 1959, le premier ministre du Québec, Maurice Duplessis, meurt subitement alors qu’il est en visite à Schefferville, sur la Côte-Nord. Il sera remplacé par Paul Sauvé, alors ministre de la Jeunesse et du Bien-être social. Très populaire, Sauvé, grâce à sa célèbre formule «Désormais», entend marquer une coupure avec son prédécesseur en poste depuis 1944. Il est plus jeune et dégage une image plus moderne. Malheureusement, après 117 jours en poste, il meurt le 2 janvier 1960 à l’âge de 52 ans. Pour le remplacer, l’Union Nationale mise cette fois sur la continuité en nommant comme chef Antonio Barrette, député depuis 1936 et ministre du travail depuis 1944. Sa vision de la politique est en droite ligne avec celle de Duplessis. Plusieurs historiens considèrent que l’Union Nationale dirigée par Sauvé aurait probablement repris le pouvoir le 22 juin 1960. Mais avec Antonio Barrette, la chose était beaucoup moins certaine.

L'élection de 1960

À Saint-Hyacinthe, les organisateurs du parti misent également sur la continuité pour tenter de battre René Saint-Pierre. En effet, le candidat de l’Union Nationale sera Gilles Chartier, le fils d’Ernest-J. Chartier qui fut député dans le comté de 1944 à 1954. Le populaire député de Bagot, Daniel Johnson, fera plusieurs visites dans le comté durant la campagne électorale et le premier ministre Barrette viendra lui-même prêter main forte à son jeune candidat. Malgré tous ces efforts, René Saint-Pierre conservera son poste avec une confortable majorité de 2212 voies sur Chartier.

Au niveau provincial, les libéraux prennent également le pouvoir. Après la démission de Lapalme en 1958, Jean Lesage, le nouveau chef, a insufflé un vent de fraicheur au parti. Il s’entoure d’une équipe jeune et dynamique, que l’on baptisera l’équipe du tonnerre, où l’on retrouve, entre autres, René Lévesque et Paul Gérin-Lajoie. Le slogan de la campagne, « Il est temps que ça change », illustre bien l’humeur des électeurs qui ont besoin de renouveau.

Ministre des Travaux publics

Le 1ier avril 1961, René Saint-Pierre est assermenté comme ministre des Travaux publics. Il le demeurera jusqu’à la défaite de 1966. Son parti enfin au pouvoir, Saint-Pierre a les coudées franches pour mener à bien les nombreux projets qu’il a en tête pour son comté. C’est sous sa gouverne qu’a lieu la construction de l’institut de Technologie Agricole, l’un des fleurons de Saint-Hyacinthe. Cette institution contribuera grandement à la réputation de Saint-Hyacinthe comme capitale de l’agro-alimentaire au Québec. Il développa également la route 9 (qui deviendra plus tard la 116) en en faisant une route à double voie. Il est également important de souligner que le nouveau palais de justice fut construit sous son administration.

Les élections de 1962 et 1966

En 1962, sous prétexte d’avoir l’accord de la population pour son projet de nationalisation de l’électricité, Jean Lesage prend tout le monde par surprise en déclenchant des élections deux ans avant la date prévue. L’Union Nationale, dont Daniel Johnson est le chef depuis 1961, présente la candidature de Me Maurice Rousseau pour tenter de ravir le comté à René Saint-Pierre. C’est peine perdue, Saint-Pierre remporte encore une fois la lutte avec une belle avance de 2414 voies.

En 1966, il se présente pour la quatrième fois. Son adversaire est Denis Bousquet de l’Union Nationale. Cette fois, Saint-Pierre est battu mais par une toute petite différence de 30 voix. À la surprise générale, le phénomène se répète à travers toute la province et Daniel Johnson, le député du comté voisin de Bagot, devient premier ministre du Québec. On dit que les Libéraux se sont trop concentrés sur le vote urbain et ont négligé le vote rural qui est allé en majorité à l’Union Nationale. Battu, René Saint-Pierre se retire de la politique active avant de mourir six ans plus tard, le 5 novembre 1972, à l’âge de 72 ans.

Visionnez la seconde capsule concernant le député René Saint-Pierre, animée par l'archiviste Anne-Sophie Robert.

Photo:
René Saint-Pierre, Collection du Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe, CH548.

Le centre d'histoire remercie Madame Chantal Soucy, députée de Saint-Hyacinthe à l'Assemblée nationale, pour sa participation à ce projet.

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