René Saint-Pierre (1) 1956-1966

René Saint-Pierre
Comme ce fut souvent le cas à Saint-Hyacinthe, le comté ne vota pas comme la population de la province lors des élections du 20 juin 1956. Le premier ministre Duplessis était pourtant au faîte de sa gloire et le député Jacques Bousquet avait écrasé son adversaire lors de l’élection partielle l’année précédente, mais, contre toute attente, René Saint-Pierre, le candidat libéral l’emporta sur Bousquet avec une majorité, somme toute assez confortable de 669 voix. Saint-Hyacinthe se retrouve donc dans l’opposition pour la première fois depuis 12 ans. Les libéraux, avec à leur tête Georges-Émile Lapalme, obtiennent un maigre 20 sièges sur les 93 disponibles dans la province.

Une élection mouvementée

Dans Saint-Hyacinthe, les élections de 1956 ne se passèrent pas sans heurts. En effet, on procéda à l’arrestation de 11 hommes accusés d’avoir fait entrave au processus électoral, soit par intimidation, soit par saccage de bureaux de votation. Ces fiers-à-bras agirent en faveur des libéraux, mais ils le firent en solitaire, sans que le candidat Saint-Pierre ou ses organisateurs ne soient impliqués.

Vie personnelle

René St-Pierre est né à Granby le 14 décembre 1899. Il est le fils de Philéas Saint-Pierre, marchand-tailleur, et de Sylvanie Girard. Il fait ses études classiques au Collège du Sacré-Cœur à Granby. Plus tard, il étudie la comptabilité bancaire à l’Université Queen’s à Kingston en Ontario. En 1917, il entre à l’emploi de la Banque Canadienne Nationale. Il travaillera dans plusieurs succursales de cette institution avant d’être nommé gérant à Beloeil. Il quitte la Banque en 1938, année de son mariage avec Thérèse Chapdelaine. Le couple aura 9 enfants.

Vie professionnelle

En 1934, il s’associe avec Dollard Aubin pour former la Yamaska Automobile Inc. dont il sera président et directeur général. Il sera également président de la compagnie de tracteurs et de machines agricoles Aubin et Saint-Pierre à Saint-Hyacinthe. Très impliqué dans son secteur d’activité, René Saint-Pierre sera également directeur du Syndicat des marchands et vice-président de l’Association des garagistes et détaillants d’essence du Québec.

René Saint-Pierre est également très impliqué dans sa communauté, principalement dans le domaine de l’éducation. Il sera, entre autres, le président-fondateur de la Fédération des Commissions scolaires du Québec en 1947. À Saint-Hyacinthe, Saint-Pierre sera président de notre commission scolaire de 1948 à 1954. Lorsqu’en 1977 on change la vocation de l’édifice qui fut pendant de nombreuses années l’École de textiles pour en faire une école d’enfance inadaptée, on la baptise École René Saint-Pierre, certainement en raison de l’implication de Saint-Pierre dans le domaine de l’éducation.

Premier mandat

Comme nous l’avons vu plus tôt, René Saint-Pierre se laisse convaincre de se présenter comme député de Saint-Hyacinthe à l’élection de 1956. La partie est loin d’être gagnée, Duplessis et le député local jouissant d’une bonne popularité. Mais René Saint-Pierre, fort impliqué dans sa communauté et très avantageusement connu par ses concitoyens est élu. Une bonne partie de sa majorité, il la doit à la ville de Saint-Hyacinthe, les campagnes environnantes ayant voté principalement pour Jacques Bousquet. Bien que dans l’opposition, M. Saint-Pierre se démarque par ses demandes incessantes au gouvernement pour l’amélioration de son comté. D’une nature joviale et bon-enfant, il se fait plus facilement des amis que des adversaires, et il parvient à obtenir ainsi plusieurs résultats positifs.

Visionnez la première capsule concernant le député René Saint-Pierre, animée par l'archiviste Anne-Sophie Robert.

Photo:
René Saint-Pierre, Collection du Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe, CH478.

Le centre d'histoire remercie Madame Chantal Soucy, députée de Saint-Hyacinthe à l'Assemblée nationale, pour sa participation à ce projet.

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