Pierre Bachand (2)
1867-1878

Les débuts en politique
Sur le plan politique, Bachand sera d’abord conseiller municipal de 1862 à 1867. Puis, il se lance en politique provinciale. Il décide de briguer le poste de député. C’est Magloire Lanctôt, un ancien confrère de l’étude de Louis-Victor Sicotte, qui se présente contre lui pour les conservateurs. Si Lanctôt a l’appui du gouvernement fédéral et de l’Évêché de Saint-Hyacinthe dans cette lutte, Bachand remporte tout de même la victoire grâce à sa notoriété qu’il doit à son implication dans les affaires de la ville. Bachand est un libéral modéré. S’il n’est pas très en faveur de la confédération, comme plusieurs libéraux de l’époque, il n’en fait pas pour autant son cheval de bataille. Pour lui, ce qui importe surtout, c’est le développement économique de sa circonscription.  Il entend également favoriser la modernisation de l’agriculture, fort importante dans le comté. Il est très apprécié de ses commettants. Aux élections de 1871, puis à celles de 1875, il est réélu par acclamation, personne n’ayant osé se présenter contre lui.

Dans l'opposition
Avec Félix-Gabriel Marchand, député de Saint-Jean et futur premier-ministre, Bachand est considéré comme l’un des principaux lieutenants du chef de l’opposition, Joly de Lotbinière. Il se fait remarquer par sa capacité exemplaire à questionner efficacement et de façon redoutable les ministres en chambre. Il reproche souvent au gouvernement de mal gérer les dépenses de l’État et d’avoir trop souvent recours à la taxation directe pour équilibrer le budget de la province. Il blâme également les conservateurs pour leur incapacité à freiner l’exode massif des Canadiens français vers les États-Unis, véritable fléau à cette époque. Son grand combat demeure toutefois le développement du chemin de fer sur la Rive Sud. Il considère comme une victoire personnelle l'octroi de subsides qui mène à l'inauguration du chemin de fer reliant Saint-Hyacinthe à Saint-Pie et Ange-Gardien sous les auspices de la Saint-Hyacinthe Stanbridge Railways Company.

Au pouvoir
En février 1878, un an et demi avant la fin du terme du premier-ministre conservateur Charles Boucher de Boucherville, coup de théâtre à Québec. Le lieutenant-gouverneur, Luc Letellier de Saint-Just, en désaccord avec une décision du gouvernement concernant le financement du chemin de fer entre Montréal et Québec, annonce à de Boucherville qu’il ne peut le maintenir dans ses fonctions. Letellier de Saint-Just étant un libéral, les conservateurs parlent alors de coup d’état. Quoi qu’il en soit, de Boucherville n’a d’autre choix que de démissionner. Le lieutenant-gouverneur demande à Joly de Lotbinière de former un gouvernement. À la demande du nouveau premier ministre, notre député devient le premier francophone à occuper la fonction de trésorier de la province. À partir de ce moment, il devient clairement le membre le plus en vue du cabinet. Plusieurs journaux de l’époque parlent même de l’administration Joly-Bachand.

Les libéraux étant minoritaires en chambre, ils sont rapidement défaits et des élections sont déclenchées le 23 mars. Cette fois, Pierre Bachand aura un adversaire de taille en la personne d’Antoine Casavant dit Ladébauche, un agriculteur de Saint-Dominique fort populaire dans les campagnes environnant Saint-Hyacinthe. Bachand ne l’emportera qu’avec une mince majorité de 68 voix. Le 18 juin, il présente son premier (et seul) budget. C’est la première fois que le discours budgétaire est prononcé en français en chambre. De santé fragile, Bachand, épuisé, tombe gravement malade à la fin août. Son état de santé ne cesse de se détériorer et il meurt le 3 novembre 1878 à l’âge de 43 ans dans sa maison, située à l’angle ouest des rues Girouard et Ste-Marie. Plusieurs notables, non seulement de la région mais de la province, assistent à ses funérailles. Notre premier député étant mort en fonction, des élections partielles ont lieu dans la circonscription le 3 juin 1879 et Honoré Mercier devient le nouveau député libéral de Saint-Hyacinthe.

Visionnez la seconde capsule concernant le député Pierre Bachand animée par l'archiviste Anne-Sophie Robert.

 

Photo:
Pierre Bachand, Collection Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe, CH478.

Le Centre d'histoire remercie Madame Chantal Soucy, députée de Saint-Hyacinthe à l'Assemblée nationale, pour sa participation à ce projet.

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