Ernest-J. Chartier (2)
1944-1954

Chartier 1952
L'élection de 1944

L’élection de 1944 sera particulièrement importante pour deux raisons : d’abord, c’est la première fois que les femmes de la province votent au provincial; ensuite, c’est le début du second règne de Maurice Duplessis, qui allait durer 15 ans et marquer durablement l’histoire du Québec. À Saint-Hyacinthe, un événement marquant se produit également lors de cette élection. Pour la première fois depuis 1912, le comté n’élit pas un libéral. En effet, Raoul O. Picard de La Providence, qui est un organisateur de longue date de T.-D. Bouchard est défait par Ernest-J. Chartier, le candidat de l’Union Nationale. Il faut dire que Chartier est avantageusement connu dans le comté. Propriétaire d’une florissante entreprise de bois et charbon, il est également vice-président à la manufacture d’orgues Casavant & Frères, de même que directeur à la compagnie d’assurances La Survivance.

Réalisations
Chartier ne sera jamais ministre dans le cabinet de Maurice Duplessis. Cela n’empêche pas le fait qu’il est fort apprécié du premier ministre qui fera de fréquentes visites à Saint-Hyacinthe et dans les villages environnants tout au long des dix années que durera le mandat de Chartier. Né à Saint-Damase, Ernest-J. connait aussi bien les besoins de la campagne que ceux de la ville. Par exemple, bien que marchand de charbon, il s’intéresse beaucoup à l’agriculture. Sa bonne entente avec le député du comté de Rouville, Laurent Barré, qui est ministre de l’Agriculture, lui permet de recevoir plusieurs octrois pour le développement de ce secteur. C’est sous son égide que l’École de Médecine vétérinaire quittera Oka pour s’installer à Saint-Hyacinthe en 1947. Il développe également de façon avantageuse le réseau routier de la région. Mentionnons aussi que, sous sa gouverne, l'École de textiles et l'École de laiterie se sont avantageusement développées.

Les élections de 1948 et 1952
De grandes fêtes sont organisées en 1948 pour célébrer le 200ième anniversaire de la ville. Pour l’occasion, Ernest J. Chartier dévoile une plaque commémorative à l’Hôtel de ville. On érige également une statue en hommage à Jacques-Hyacinthe-Simon Delorme, deuxième seigneur et fondateur de la ville. 1948 est également une année électorale. Cette fois, Ernest J. rencontre quelques écueils. D’abord, il fait face à un adversaire de taille lorsque le maire de Saint-Hyacinthe, Ernest O. Picard décide de se présenter contre lui pour le parti libéral. Picard tente de rallier les anciens supporteurs de T.-D. Bouchard. Chartier est également contesté dans son propre parti. Homme à l’attitude parfois tranchante, il lui arrive d’écraser des orteils dans son sillon, ce qui explique le fait que des membres d’Union Nationale décident de faire sécession et présentent un candidat contre lui. Il s’agit de Georges Messier, maire de Saint-Joseph. Duplessis appuie Chartier et Messier retire finalement sa candidature. Malgré ces embuches, Chartier conservera son siège, comme il le fera encore d’ailleurs, à l’élection suivante en 1952. Lors de cette dernière élection, il affronte l'avocat Adelstan Bouchard, natif de Saint-Pie.

Décès
Bien qu’effacé à Québec (ses adversaires libéraux l’accusent d’avoir une forme rare de laryngite qui le frappe aussitôt qu’il entre en chambre), il est très populaire auprès de ses commettants qui lui accorderont d’importantes majorités à chacune des élections. Il meurt subitement d’une crise cardiaque le soir du 22 septembre 1954. Trois jours auparavant, il avait fait sa dernière sortie publique lors de l’inauguration du nouveau couvent de Saint-Thomas D’Aquin. Il est au faîte de sa popularité dans le comté et plusieurs centaines de personnes assistent à ses funérailles. Des membres très importants du gouvernement, dont le premier ministre Duplessis, se rendent à Saint-Hyacinthe pour rendre un dernier hommage à leur collègue et ami. Des élections partielles ont lieu en 1955 et Jacques Bousquet, un ami proche de Chartier, le remplace dans le Comté.

Visionnez la seconde capsule concernant le député Ernest-J. Chartier, animée par l'archiviste Anne-Sophie Robert.

 

Photo:
Ernest-J. Chartier, Collection du Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe, CH085, Fonds B.-J. Hébert.

Le centre d'histoire remercie Madame Chantal Soucy, députée de Saint-Hyacinthe à l'Assemblée nationale, pour sa participation à ce projet.

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