Les Maskoutains aux Jeux olympiques (3)

Depuis quelques jours, on célèbre sur toutes les tribunes le 40e anniversaire des Jeux olympiques de Montréal. Ces rappels historiques feront bientôt place aux Jeux olympiques de Rio. Pour le Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe, le moment est donc propice pour vous présenter une série d'articles à propos des Maskoutains qui ont pris part aux Jeux olympiques d'été ou d'hiver.

Aujourd'hui, nous vous présentons Danielle Goyette, une athlète d’exception! 
Danielle Goyette est née le 30 janvier 1966 à Saint-Nazaire d’Acton. Avant dernière fille d’une famille nombreuse, elle a travaillé sans relâche pour se rendre au plus haut sommet du hockey féminin au Canada.

Après l’école primaire du village, elle fréquente l’école Casavant et la Polyvalente Hyacinthe-Delorme à Saint-Hyacinthe. En secondaire 5, elle démontre ses qualités athlétiques dans la classe d’option en éducation physique de Claude Trudel. Au cours de l’été suivant, elle participe à un tournoi de balle-molle avec une équipe de Saint-Nazaire. Elle reçoit alors une offre pour joindre l’équipe « Nettoyeur Seyer » de Saint-Hyacinthe qui commandite une équipe féminine à la balle-molle et… au hockey.

En hockey, elle gravit les échelons, se démarquant partout où elle passe. Tant et si bien qu’après un séjour avec l’équipe du Québec, elle rejoint l’équipe nationale du Canada en 1991. Parlant très peu l’anglais, elle doit alors redoubler d’efforts : « Cela m’a permis de développer mon sens de l’observation » nous raconte celle qui prendra part à son premier championnat du monde en 1992.

Quatre ans plus tard, elle déménage à Calgary pour une période de cinq mois afin d’améliorer son anglais. Elle travaille à différents petits boulots, tout en s’entraînant deux fois par jour. De plus en plus à l’aise dans cette ville où loge l’équipe nationale, elle décidera d’y rester pour de bon. D’autant plus, qu’il est de plus en plus question que le hockey féminin devienne une discipline olympique. Cela deviendra réalité lors des Jeux d’hiver de Nagano en 1998.

Dans les mois précédant le tournoi olympique de Nagano, les deux puissances mondiales en hockey féminin, les États-Unis et le Canada, s’affrontent à treize reprises. Avec sept victoires, le Canada démontre sa supériorité acquise avec quatre titres de champion du monde depuis 1990.

La veille des cérémonies d’ouverture, Danielle apprend que son père, atteint de la maladie d’Alzheimer, vient de rendre l’âme. Chavirée, elle veut aussitôt revenir à la maison. Après réflexion, elle suit les conseils de ses sœurs qui l’exhortent à demeurer au Japon. Face à ses moments difficiles, sa détermination sera d’autant plus grande. Elle reçoit des messages d’encouragement dont un provenant de l’école Casavant : « Les membres de la direction, les professeurs et les élèves de l’école Casavant, ton ancienne école, te souhaitons de réaliser tes rêves les plus chers. Puisse l’énergie que nous te transmettons vous permette, à toi et ton équipe, d’accéder à la plus haute marche du podium. »

Dès l’amorce des Jeux, elle inscrit son nom dans l’histoire du hockey féminin en marquant le premier but du tournoi et en obtenant un tour du chapeau. Neuf jours plus tard, en finale, le Canada subit une cruelle défaite face aux États-Unis. Au terme de ces Jeux chargés d’émotion, Danielle aura démontré qu’elle est une athlète d’exception, dominant la colonne des marqueures avec huit buts et terminant au deuxième rang des pointeures.

Après Nagano, elle s’interroge quant à son avenir, car elle doit subir une intervention chirurgicale à une épaule pour régler des blessures récurrentes à cet endroit. (Elle subira plus d’une vingtaine de luxation aux épaules en carrière). Après l’opération, elle s’entraîne avec assiduité, parvenant même à se classer parmi les trois premières lors des tests d’évaluation de l’équipe nationale. Au même moment, elle déniche une commandite de Home Depot qui l’embauche et lui accorde une vingtaine d’heure par semaine pour s’entraîner.

En 2002, aux Jeux de Salt Lake City, les Canadiennes ont l’opportunité de ramener l’or au pays. En dépit de trois autres titres de champion du monde, l’équipe canadienne perd les huit parties d’exhibition jouées contre les États-Unis au début de 2002. La pression est désormais sur l’équipe américaine.

Après avoir remporté les trois parties de la ronde préliminaire, le Canada affronte son ennemi de toujours en finale. Désavantagées, les Canadiennes jouent devant un public américain dans une partie arbitrée par une Américaine! Danielle n’as pas l’occasion d’exprimer son talent offensif puisque l’arbitre décerne onze pénalités au Canada. Néanmoins, en deuxième période, elle exécute un tir dont le rebond permettra à son équipe de niveler la marque 1 à 1. Avec une seconde à faire dans le deuxième tiers, le Canada marque un second but. La partie se solde par une victoire du Canada et Danielle obtient dix points dont trois buts au cours du tournoi. Lors des cérémonies d’après match, la fille de Saint-Nazaire, bien enveloppée dans le drapeau canadien, savoure sa première médaille d’or olympique.

L’histoire se répète aux Jeux de Turin en 2006. Après réflexion et en dépit de ses 39 ans, elle parvient à se classer parmi les meilleures lors des tests d’aptitutes de l’équipe nationale. Au cours du mois de janvier, un membre du Comité olympique canadien lui annonce en catimini qu’elle est choisie pour porter le drapeau canadien lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux. « Faire partie de l’équipe nationale et être performante sur la glace faisaient partie de mes objectifs. Mais-là, j’ai vécu cet événement comme un cadeau, une récompense pour tous mes efforts » raconte l’athlète qui obtiendra une deuxième médaille d’or à l’issue de ces Jeux.

Par la suite, elle acceptera une offre comme entraîneure en chef de l’équipe féminine de l’Université de Calgary et prendra sa retraite de la compétition en janvier 2008. En 172 parties internationales, elle aura remporté vingt médailles d’or et quatre d’argent. Lors de sa retraite, elle est une des trois joueuses canadiennes à avoir marqué plus de 100 buts et elle occupe le deuxième rang au chapitre du total des points. 

Photo:
La jeune Danielle Goyette porte les couleurs du « Nettoyeur Seyer ». C'est le début d'une carrière qui la mènera aux plus hauts échelons de son sport.

Cet article de Paul Foisy, fut publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 11 février 2010.

Cet article est le troisième d'une série de quatre.

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