Les beaux légumes!

Par Daniel Girouard

Septembre annonce la fin de l’été. Pour ceux et celles qui supportent mal les grandes chaleurs, plutôt intenses cette année, l’automne apporte des températures plus agréables.

C’est aussi la période des récoltes, souvent très généreuses sur nos terres fertiles. Il n’y a qu’à parcourir les étals des maraîchers du Marché-centre pour constater l’abondance des produits frais disponibles. Peu importe la ville ou l’époque, le marché a toujours été un lieu de rencontres et d’échanges pour ses habitants. Le nôtre est reconnu comme le doyen des marchés au Québec.

À l’origine une simple halle construite en 1830, sur un terrain donné par le seigneur Jean Dessaulles, le marché est reconstruit en briques en 1856. Le grand feu du 3 septembre 1876 le réduit en cendres, ainsi que les trois-quarts de la ville de Saint-Hyacinthe. L’édifice reconstruit en 1877 a donc maintenant (en 2021) l’âge vénérable de 144 ans.

Parmi ces vastes étalages de produits fraîchement cueillis, on aurait presque envie de fredonner la chanson de madame Bolduc « Ah oui ! On en a des légumes, des carottes pis des naveaux, des betteraves pis des poireaux, Ah oui ! on en a des beaux choux, des pétates pi des tomates, oui on en a des rouges des vartes. »

Pour ceux et celles qui ont atteint le « bel âge », bon nombre de souvenirs sont rattachés à la fréquentation de ce lieu mythique où nos parents nous emmenaient pour y faire leurs emplettes, ou pour employer une expression qui nous est restée, « faire leur marché ». Dans cette ambiance cordiale, il n’était pas rare de voir un commerçant offrir aux enfants un ‘’p’tit quelque chose’’, pour y goûter. Manière très efficace de faire de la promotion et de fidéliser la clientèle.

La culture maraîchère existait bien avant l’arrivée des Français en Nouvelle-France. Les Amérindiens cultivaient déjà la citrouille, le maïs, les haricots, le tournesol et quelques autres légumes. Louis Hébert, installé dans la région de Québec en 1617, est qualifié de premier agriculteur, mais il a aussi beaucoup appris des habitants locaux.

Le Marché-centre, tel qu’on le voit aujourd’hui dans sa version récemment rénovée, a retrouvé ses airs de jeunesse. Véritable emblème des Maskoutains, il a toujours conservé sa vocation agroalimentaire. On y trouve à l’intérieur d’autres commerçants vous offrant leurs spécialités: fromagerie, fruiterie, saucisserie, charcuterie, poissonnerie, boulangerie et pâtisserie.

Et vous, quelle journée faites-vous votre marché ?

Photo :
Maraichers au Marché, vers 1954.
Collection Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe, CH116.