8 juin 1852: érection du diocèse de Saint-Hyacinthe

Il y a bien longtemps, le 8 juin 1852, le Pape Pie IX émit le bref sanctionnant l’érection du diocèse de Saint-Hyacinthe. La constitution et l’érection du siège épiscopal dans la ville de Saint-Hyacinthe constitue un jalon important de l’histoire de Saint-Hyacinthe et de la région.

Lors de son érection, en 1852, le diocèse de Saint-Hyacinthe comprend trente-six paroisses, dessertes ou missions. Au niveau géographique, le nouveau diocèse couvre « les territoires situés à l’est du Richelieu, à savoir les comtés de Saint-Hyacinthe, Richelieu, Rouville, Missisquoi, Shefford et Stantstead, dans le diocèse et district de Montréal, et une partie du comté de Sherbrooke comprenant les cantons de Melbourne, Brompton, Orford, Ascot, Eaton, Clifton, Compton et Hereford, dans le district de Saint-François et l’archidiocèse de Québec » peut-on lire dans le livre Cent cinquante ans de vie ecclésiale : Le diocèse de Saint-Hyacinthe 1852 -2002.

Après l’érection du siège épiscopal à Saint-Hyacinthe, des communautés religieuses viennent s’installer sur le territoire de la ville. Pensons aux Sœurs de la Présentation de Marie, en 1858, aux Frères Dominicains, en 1873, aux Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe, en 1877, aux Sœurs de Sainte-Marthe, en 1883, aux Frères du Sacré-Cœur, en 1881, aux Frères Maristes, en 1892 et aux Frères Saint-Vincent-de-Paul, en 1905. Ces communautés s’ajoutent à celle des Sœurs de la Charité de Saint-Hyacinthe qui œuvrent ici depuis 1840 et au Séminaire de Saint-Hyacinthe qui ouvre ses portes en 1811.

En ce qui concerne le Séminaire, la création du diocèse renforce son statut institutionnel d’enseignement et en fait un outil de développement religieux et social de renom. Du même coup, la position géographique de Saint-Hyacinthe avantage le Séminaire : l’arrivée du chemin de fer dès 1848, son statut de chef-lieu de comté et de cité, ainsi que son développement comme bourg intermédiaire entre la campagne et Montréal. Le déménagement sur le site actuel du Séminaire, en 1853, montre le chemin parcouru par la construction d’un édifice imposant. Poursuivant sa route et sa mission d’enseignement religieux, la reconstruction de la chapelle, ainsi que des ailes latérales après l’incendie d’octobre 1927 par l’architecte maskoutain G.-René Richer (un ancien), matérialise concrètement l’envergure de l’institution.

Comme le rappelle l'historienne Christine Hudon dans le chapitre consacré à la religion publié dans Saint-Hyacinthe 1748-1998, « [l]es communautés religieuses d’hommes et de femmes ont joué un rôle considérable à Saint-Hyacinthe, que ce soit sur le plan pastoral, éducatif et hospitalier. Certaines de ces communautés ont vu le jour en territoire maskoutain et l’importance de leur œuvre est largement reconnue ».

Le 8 juin 1852 est donc une date importante à retenir pour Saint-Hyacinthe puisqu'elle marque un point tournant de l’activité religieuse et communautaire sur le territoire de la ville. 

Paul Foisy, juin 2018.

Illustration:
Carte du diocèse de Saint-Hyacinthe lors de son érection en 1852. 
Source: 
Cent cinquante ans de vie ecclésiale : Le diocèse de Saint-Hyacinthe 1852 -2002, p. 34.