Jean Béliveau (1931-2014)

Le 2 décembre 2014, le grand joueur de hockey Jean Béliveau accrochait ses patins pour l'éternité. Celui qui est venu à plusieurs reprises à Saint-Hyacinthe pour prendre part à des promotions commerciales ou encore pour participer au Tournoi de golf Dejordy-Rousseau a été le coéquipier du Maskoutain Robert Rousseau.

Le lendemain de son décès, M. Rousseau déclarait : « C'était spécial de voir Jean Béliveau en 1953-1954, le regarder jouer alors que moi j'ai 13 ans. Et qu'est-ce qui arrive neuf ans après? Je deviens son coéquipier à l'aile droite. C'était tout un honneur, franchement. Des souvenirs impérissables. »

Une carrière exceptionnelle
Jean Béliveau est né le 31 août 1931 à Trois-Rivières. Au cours de sa carrière dans la Ligue nationale de hockey, tout paraissait facile pour ce grand gaillard qui portait le chandail numéro 4 du Canadien de Montréal. Mais cette aisance sur la glace était une illusion, car les succès de Jean Béliveau étaient appuyés par un travail soutenu de tous les instants. À cet égard, il écoutait sagement les judicieux conseils de son père : « C’est en travaillant fort et en étant discipliné que tu seras vraiment à ton meilleur. » 

La carrière du jeune Béliveau commence avec les Panthères, puis les Tigres de Victoriaville de 1946 à 1949. Au début de la saison 1949-1950, le voici à Québec avec les Citadelles, puis les As de la Ligue de hockey senior du Québec. Commence alors une véritable histoire d’amour entre les habitants de Québec et le talentueux joueur de hockey. Mais après avoir entendu les appels du Canadien à de nombreuses reprises, il signe finalement une entente de plusieurs années avec le Tricolore au début de la saison 1953-1954.

L’histoire d’amour amorcée à Québec se poursuit à Montréal et atteindra tout le Québec. Sans relâche, celui que l’on surnomma affectueusement le « gros Bill » développe et met à contribution ses talents de rapide patineur, de bon manieur de bâton et de fabricant de jeu. Il portera avec dignité l’uniforme du Canadien de 1951 à 1971. Au fil des saisons, il mettra la main sur la coupe Stanley à dix reprises, franchira le cap des 500 buts (507) et obtiendra 712 mentions d’aide. En ajoutant les points obtenus en séries, il est celui qui, encore aujourd’hui, détient le plus grand nombre de points avec le Canadien.

Il est choisi six fois sur la première équipe d’étoiles de la LNH et quatre fois sur la seconde. En 1956, il reçoit le trophée Art-Ross comme meilleur compteur en saison régulière et la même année, il est récipiendaire du trophée Lionel-Conacher comme étant le meilleur athlète masculin de l’année au Canada. Il mérite également le trophée Hart (joueur le plus utile à son équipe) en 1956 et 1964, le Conn-Smythe (joueur le plus utile à son équipe en séries éliminatoires) en 1965. Au-delà de toutes ses récompenses, sa nomination comme capitaine du Canadien par ses coéquipiers, en 1961, demeure sa plus grande fierté.

Quelques mois après sa retraite au printemps 1971, le Temple de la renommée du hockey fait abstraction de la règle des trois ans et admet le prolifique joueur de centre en octobre de la même année.

Une personnalité modèle
Jean Béliveau demeure un modèle et une source d’inspiration pour les jeunes. Aux rétributions sonnantes offertes à son départ, il préfère la création du Fonds Jean-Béliveau dédié au bien-être des jeunes déshérités. En 1992, il transfère sa Fondation à celle de la Société pour les enfants handicapés du Québec et met sur pied un programme d’échanges culturels entre jeunes hockeyeurs. Après sa retraite de joueur, il occupa différents postes administratifs au sein du Canadien et son influence dans l’organisation en tant qu’ambassadeur est encore aujourd’hui grandement respectée.

Jean Béliveau a été l’objet de nombreux témoignages d’estime et d’honneur : en 1969, il est nommé Officier de l’Ordre du Canada et sera reçu Compagnon vingt et un ans plus tard. En 1975, il entre au Temple de la renommée des sports canadiens. En 1986, il est nommé Grand Montréalais, puis en 1988, il est fait Chevalier de l’Ordre national du Québec. 

C’est en 1992 que le Panthéon des sports du Québec l’accueille au sein de son Temple de la renommée. Un an plus tard, en 1993, il reçoit le titre de « Personnalité de l’année » lors du Gala Excellence de La Presse. En 2006, il sera nommé Officier de l’Ordre national du Québec. Au fil des ans, il recevra plusieurs doctorats honorifiques, dont celui de l’Université Laval en 2008 et celui de l’Université Concordia en 2009.

En 2009, lors de remises des trophées de la Ligue nationale de hockey pour la saison 2008-2009, il sera le second récipiendaire du prix « NHL Lifetime Achievement » pour l’excellence de sa contribution à la société.

Jean Béliveau est décédé le 2 décembre 2014. Sa dépouille est exposée en chapelle ardente au Centre Bell le 7 et le 8 décembre et des funérailles nationales se déroulent deux jours plus tard à Montréal.

En septembre 2017, la Ville de Québec inaugure la Place Jean-Béliveau, un espace public situé aux abords du Centre Vidéotron. Un an plus tard, en novembre 2018, on dévoile l'oeuvre d'art « Briser la glace », en hommage à ce grand joueur de hockey dont le passage restera marqué dans la mémoire collective du Québec. Cette création du sculpteur Éric Lapointe  constitue la première oeuvre d'art installée sur l'allée commémorative dédiée au hockey sur la Place Jean-Béliveau.

Paul Foisy, décembre 2019.

Photos :
Collection Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe, CH548 et CH380.