Notes d’histoire de Saint-Hyacinthe (4)

Par Luc Cordeau
Publié dans le Courrier de Saint-Hyacinthe le 20 septembre 2006

Unions de cultivateurs
Les origines de l’UPA, l’Union des producteurs agricoles du Québec, remontent à 1918. En effet, malgré l’apparition de cercles agricoles au Québec à partir de 1870, qui se fédérèrent à Saint-Hyacinthe, le 10 avril 1875, sous le nom de L’Union agricole nationale, association qui devint moribonde après 1893, c’est à Marieville, le 12 juin 1918, que l’idée de former une véritable association de cultivateurs est lancée par le maire de la municipalité de Notre-Dame-de-Bon-Secours, M. J.-E. Lareau, lors d’une réunion du Conseil du comté de Rouville. Après s’être rendu à Ottawa au cours du printemps 1918, protester au Parlement canadien contre la conscription militaire des fils de cultivateurs, monsieur Lareau et d’autres personnes se sont aperçus que les cultivateurs du Québec n’étaient pas bien organisés comme ceux d’autres provinces canadiennes, notamment ceux de l’Ontario avec la United Farmers. Quelques semaines plus tard, deux congrès eurent lieu à l’Hôtel de Ville de Saint-Hyacinthe, les 8 et 24 août, afin de former une nouvelle association. Le principal orateur fut le maire et député de Saint-Hyacinthe, Télesphore-Damien Bouchard.

Journal Le Clairon, de Saint-Hyacinthe, 16 août 1918 : « Les agriculteurs en congrès à Saint-Hyacinthe – Les représentants des cultivateurs de plus de 20 comtés réunis à Saint-Hyacinthe jettent les bases d’une association similaire aux United Farmers de l’Ontario. Les cultivateurs étaient eux-mêmes surpris de se trouver ensemble, après tant d’années d’individualisme agricole. Tous sont arrivés avec la conviction profonde de leur importance dans la vie économique de la nation et le désir de se regrouper afin de donner le maximum d’avantage à leur profession […]. Le projet de constitution de L’Association des fermiers de la province de Québec, est basé sur la constitution et les statuts des United Farmers Of Ontario. Cette association sera appelée L’Associaiton des Fermiers de la Province de Québec. Le but de l’association est de servir les intérêts des cultivateurs dans toutes les branches de l’agriculture». « L’Union des agriculteurs de la Province de Québec – Ce sera le nom de la nouvelle association de cultivateurs de la province de Québec, formée définitivement samedi dernier à Saint-Hyacinthe. L’Union comprend une association centrale et des succursales qui peuvent s’établir dans chaque municipalité. Les membres des succursales font partie de l’association centrale. Le bureau-chef de l’Union est à Saint-Hyacinthe, au bureau d’affaires du notaire René Morin, secrétaire-trésorier de l’Union », Le Clairon, 30 août 1918. Au cours de l’automne 1918, des succursales voient le jour dans les environs,  notamment à : Saint-Jude, Saint-Barnabé, Saint-Damase et Saint-Denis.

Les cultivateurs des comtés du nord du fleuve, notamment ceux de Laval, Terrebonne et des Deux-Montagnes, mécontents qu’un politicien, en la personne de T.-D. Bouchard, ait été choisi président d’honneur de l’association, fondent une nouvelle association à Saint-Jérôme, le 21 décembre 1918, L’Union des cultivateurs de la Province de Québec. L’Union des Agriculteurs après s’être débarrassée des politiciens, se fusionnent avec L’Union des cultivateurs, le 2 juillet 1919, pour former L’Union des Cultivateurs de la province de Québec. En octobre 1924, cette association devient lors d’un congrès tenu à Québec, L’UCC, L’Union catholique des cultivateurs de la province de Québec. Dans un vent de laïcité, l’organisme prend le nom de l’Union des producteurs agricoles du Québec, en 1972.

Coop agricoles
L’abbé Jean-Baptiste-Arthur Allaire, secrétaire général et membre fondateur de la Fédération des Sociétés Coopératives Agricoles de Saint-Hyacinthe, présente un rapport général sur l’organisme pour ses premières années d’existence, lors du premier congrès des coopérateurs, tenu à Oka, le 16 août 1916. Journal La Tribune de Saint-Hyacinthe, 25 août 1916 :

« La Fédération date du 8 septembre 1914. Chaque région [du Québec] devra comme Saint-Hyacinthe, avoir sa fédération pour y regrouper toutes les coopératives paroissiales ou locales. Au-dessus de ces fédérations devra planer une confédération pour que le mouvement soit provincial. À part cela, il faudra sur divers points des comptoirs coopératifs, ayant leurs spécialités, comme ceux que nous avons déjà : la Société agricole des fromagers de Québec, la Coopérative des producteurs de sucre et de sirop d’érable de Waterloo, le Comptoir coopératif de Montréal et la Coopérative des producteurs de grains de semences de Sainte-Rosalie. Par le collège agricole de Saint-Thomas d’Aquin, nous avons un centre d’enseignement coopératiste de premier ordre. Actuellement, la Fédération de Saint-Hyacinthe se compose de 24 coopératives affiliées et son influence s’étend sur les comtés de Saint-Hyacinthe, Shefford, Rouville, Bagot, Iberville, Verchères, Châteauguay et Joliette. Depuis ses débuts en 1914, le président de la Fédération est monsieur Omer-Edmond Dalaire, directeur de l’École de laiterie provinciale, à Saint-Hyacinthe. La Tribune de Saint-Hyacinthe, est le journal qui sert d’organe pour la Fédération. Cet hebdomadaire veut bien nous céder sa deuxième page ».

Image:
Logo de L’UCC, dans : L’UCC, de Firmin Létourneau, 1949

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