Notes d'histoire de Saint-Hyacinthe (17)

Par Luc Cordeau
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe

Cadrans électriques
C’est en 1901 que furent installés les cadrans électriques de l’ancien Bureau de Poste situé au 1915, rue Girouard Ouest, construit de 1890 à 1892. Journal La Tribune, Saint-Hyacinthe, vendredi 12 avril 1901 : «Les deux cadrans électriques qui ornent aujourd’hui la tour de la bâtisse du Bureau de Poste ont été définitivement installés mercredi. Le travail a été fait sous la direction de J. Connell. Le Conseil de Ville, quelques citoyens et les représentants de la presse avaient été invités. À 4h15, le mécanisme se mettait en mouvement. Tout fonctionne avec régularité parfaite. Le pouvoir est transmis par un second cadran pourvu de batteries électriques et placé dans le bureau de la North Western Telegraph Co. Ce cadran est, nous informe-t-on, le seul de ce genre au Canada. Du moment que les batteries sont entretenues, il peut marcher indéfiniment. Le diamètre du cadran est de 6 pieds, les aiguilles ont une longueur de près de 3 pieds, les chiffres qui marquent les heures ont près d’un pied de longueur, sont très visibles et sont éclairés la nuit par une forte lampe pourvue d’un puissant réflecteur. La bâtisse du Bureau de Poste se trouve ainsi complétée, grâce à l’Honorable monsieur Bernier qui nous a obtenu cette dernière amélioration. Ces cadrans ont été fabriqués par la Boston Electric Co, dont monsieur Connell est le représentant ici, et ont coûté 800$».

La Cie d’Eau Minérale
Journal Le Courrier de Saint-Hyacinthe, samedi 25 juin 1910 : «La Compagnie d’Eau Minérale de Saint-Hyacinthe informe le public qu’elle continue et augmente constamment son commerce d’eaux gazeuses et d’eaux minérales, de toutes espèces. […] On a fait beaucoup de bruit autour d’une poursuite au sujet de bouteilles. La Compagnie d’Eau Minérale n’employant que des bouteilles non marquées s’est trouvée sans armes vis-à-vis des concurrents qui ont cru bon d’avoir recours aux rigueurs de la loi pour donner un exemple de puritanisme non justifié».

École Commerciale Pratique Lalime
Journal Le Clairon, Saint-Hyacinthe, 28 mars 1913 : «Le directeur de l’École Commerciale Pratique Lalime, monsieur le professeur [Benoni] Lalime vient de conclure un arrangement avec une de nos banques locales qui permettra à ses élèves désireux de se livrer à l’état d’employés de banques de se perfectionner rapidement dans les connaissances pratiques nécessaires à cette situation. Depuis longtemps monsieur Lalime voulait en arriver à l’amélioration qu’il obtient aujourd’hui. Le distingué professeur en fondant son école visait un but éminemment désirable. Dans la province de Québec on sait toujours plaint et avec raison que l’enseignement était trop exclusivement théorique. À la sortie de nos écoles, de nos académies et de nos collèges l’élève, si fort soit-il dans les matières qu’il a apprises, doit recommencer par un processus lent les études qu’il a faites pour appliquer dans la vie pratique chacune des connaissances qu’il a acquises en théorie. Ceci exige de longs mois et de longues années à des salaires de famine. Par son école, monsieur Lalime a voulu faire disparaître cet inconvénient. La banque est l’objectif d’un grand nombre de jeunes gens qui veulent se préparer un avenir brillant. [Cette entente avec une banque de la ville va permettre] de faire travailler les élèves qui se destinent à cette profession dans la banque elle-même après les heures d’ouverture». Monsieur Benoni Lalime, né à Saint-Hyacinthe en 1858, et décédé à Montréal en 1945, a tenu une école commerciale à Saint-Hyacinthe de 1900 à 1918. D’abord installée dans une petite salle de la rue Saint-Denis, il aménage en 1902 son école au-dessus du magasin M.O David, rue Saint-Simon.  

Pique-nique au Rond Laframboise
La Tribune, Saint-Hyacinthe, 16 juillet 1909 : «Dimanche dernier nous avons eu à Saint-Hyacinthe la visite de messieurs les barbiers de Montréal. Ils avaient choisi le Rond Laframboise pour y faire leur excursion annuelle. D’après les rapports, nos figaros se sont amusés au gré de leurs désirs, puis ils sont retournés bien enchantés de leur promenade. Dimanche prochain, les tanneurs de la même ville auront leur tour, et au même endroit».

Quelques automobiles…
La Tribune, Saint-Hyacinthe, 31 juillet 1908 : «Les quelques automobiles que nous avons dans notre ville sont loin d’être populaires par le temps qui court, et la chose est assez facile à comprendre. En effet, elles font tant peur aux chevaux, en général, que plusieurs familles se voient privés de la promenade en voiture. Il faut tenir les enfants à la maison, nourrir les chevaux pour rien, s’embêter dans son coin ; tout cela parce que deux ou trois citoyens veulent du teuf-teuf ! C’est un peu fort, vraiment, et nous comprenons  que la Nouvelle-Écosse ait passé un loi décrétant la disparition des autos».

Photo:
Le Bureau de Poste et ses cadrans (horloges), vers 1910. Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe, CH478.

Cet article est le 17e d'une longue série.
Notes d'histoire de Saint-Hyacinthe (16)
Notes d'histoire de Saint-Hyacinthe (18) à venir.