Et si l’esprit de Noël
était toujours là…

Par Albert Rémillard
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 21 décembre 2005

À chaque année, au début du mois de novembre, les administrations postales mettent en vente leurs nouvelles émissions de timbres de Noël.

Ces vignettes postales évoquent, et ce dans tous les pays, la naissance de l’Enfant Jésus. Il est certain que plusieurs pays émettent des vignettes à sujets profanes en relation avec la fête de Noël.

Au pays, nous avons eu de magnifiques sujets tant religieux que profanes, quelques émissions ont souligné l’art traditionnel religieux que l’on pense à la série de 1976 alors que ce sont des vitraux qui attiraient l’attention. L’art populaire, dans la confection des jouets, a été mis en vedette dans la série de 1979. Les timbres de la série de Noël 1991 arboraient une facture totalement différente en nous montrant des diverses facettes du personnage du Père Noël, allant de saint Nicolas au bonhomme jovial que nous connaissons.

Cette année (en 2005), et ce, pour la première fois depuis l’introduction, en 1964, des timbres de Noël, Postes Canada offre aux usagers le choix d’affranchir leurs envois de vœux de Noël avec des timbres religieux ou profanes émis spécialement dans le cadre des émissions des Fêtes. Au cours des années précédentes nous avions à notre disposition ou des timbres à sujet religieux ou des timbres à sujets profanes, mais pas le choix entre les deux versions.

Timbres de Noël 2005Trois crèches représentent le côté religieux, vues par trois artistes à la vision totalement différente. Le timbre du tarif intérieur représente une œuvre de Michel Forest inspirée des films d’animation, de l’art enfantin et des êtres mythiques.
Le timbre au tarif pour les États-Unis, reprend la vision de la nativité de l’artiste autochtone Keena. Nous y voyons une mère et son enfant entourés de nombreux personnages adultes et d’enfants.

La troisième version de la crèche offerte cette année est la reprise d’une œuvre de Sylvia Daoust. Cette artiste décédée en 2004, à l’âge de 102 ans est la première Québécoise à gagner sa vie à titre de sculpteur. Sa crèche sculptée dans du plâtre et rehaussée de couleurs pastel créée une atmosphère unique de douceur et de recueillement.

Quant à la version profane, elle reprend une tradition hivernale favorite des enfants de tous les âges : la confection d’un bonhomme de neige.

D’où vient, direz-vous, cette coutume de la crèche de Noël ? D’abord, on attribue à saint François d’Assise la pérennité de cette tradition. En effet, c’est lui qui en 1223 a eu l’idée de présenter le mystère de la Nativité en célébrant la messe de minuit, entouré de personnages, d’un bœuf et d’un âne dans une grotte du village de Greccio.

Au Moyen-Âge, la coutume s’est répandue dans toute l’Europe. Selon les pays, la forme de représentation de la Nativité a pris des visages différents. Cette pratique est devenue, aussi bien pour les artisans que pour les amateurs, une cause de compétition, l’art populaire en a même fait des sentons. Des villages entiers y prenaient part. Oberammergau, en Allemagne, fut le centre principal de la fabrication de crèches de Noël. 

On compte parmi les plus exotiques représentations de la Nativité, celle des pêcheurs de la grotte d’émeraude à Amalfi, en Italie, dont les personnages en céramique et de grandeur nature sont exposés sous l’eau, ainsi qu’une interprétation du peintre Dali, en France, illustrant la scène de la Nativité à l’intérieur d’une immense oreille humaine. Mais les plus traditionnelles sont encore les plus populaires.

Et, partout où ils ont prêché la Bonne Nouvelle, les missionnaires ont propagé cette tradition. L’Inuk dépeint l’Enfant Jésus sur un traîneau tiré par des chiens; le petit Amérindien croyait que tous les chevreuils de la forêt se mettaient à genoux en signe d’hommage.

Chaque société dans le monde entier, rend hommage à Bethléem à sa façon. Ainsi, on peut voir au Pérou, des lamas penchés sur le berceau du Messie; au Japon, les samurais sont les Rois mages; en Pologne, Hérode a toujours fait partie de la Nativité, tandis qu’en Afrique, la Madone et son enfant sont noirs. Chaque société dans le monde entier, rend hommage à Bethléem à sa façon.

Voilà une façon de rappeler à tous que Noël est avant tout une fête religieuse, fête que les siècles et les modes ont peu à peu dénaturée et qui aujourd’hui se résume parfois à une course aux cadeaux.

Illustration:
La série 2005 des timbres de Noël présente trois versions de la crèche et un bonhomme de neige.