L'incendie de 1903

Incendie 1903Le 20 mai 1903 à 12 h 20, une première alarme sonne pour prévenir qu’un incendie fait rage dans l’usine de chaussures J.A. et M. Côté. En l’espace de quelques minutes, l’usine sise au coin des rues Saint-Antoine et Hôtel-Dieu devient un véritable brasier. Un vent soufflant vers le nord-est fait dangereusement progresser l’incendie. À l’arrivée des pompiers, la manufacture Côté est déjà toute en flammes. Leurs efforts sont redirigés vers la protection des édifices voisins. Un peu après 13 h, le toit de l’usine Côté s’effondre et le maire Eugène Saint-Jacques envoie un télégramme vers Montréal afin d’obtenir du secours.

Selon La Tribune : « L’élément destructeur se répandit comme un torrent sur ce quartier des maisons en bois longeant la rivière, depuis la rue Sainte-Anne jusqu’au marché à foin [situé aujourd’hui au parc Bouchard]; et de la rue Cascades, l’on pouvait voir, au fond de chaque rue transversale, comme une fournaise ardente en face de laquelle la foule s’agitait, lançait des appels désespérés, transportait des meubles et des paquets de linge dont quelques-uns prenaient feu pendant le trajet ».

Incendie 1903Un peu avant 15 h 25, les pompiers de Montréal arrivent par train. À ce moment, les bâtiments situés derrière le marché sur la rue Saint-Antoine sont la proie des flammes, soit l’hôtel Frontenac et les magasins Lapalme, Racicot et Bourgeois. Dans ce dernier commerce, il y a des quantités considérables de poudre et d’huile qui, sous les effets de la chaleur intense, explosent. Le feu atteint ensuite l’hôtel Ottawa. Les pompiers installent une première pompe à l’angle des rues Saint-Antoine et Saint-François. Leurs efforts permettent de sauver le marché et les bâtiments situés plus au nord sur les rues Saint-François, Saint-Denis et Girouard. L’équipe de pompiers montréalais s’arrête sur la rue Saint-Antoine près de la rue Sainte-Marie. Leurs actions empêchent le feu de se propager plus au nord et certains bâtiments situés du côté sud de la rue Saint-Antoine sont sauvés des flammes.

Vers 17 h, le feu fait encore rage, mais il arrête de se propager. Alors que les pompiers montréalais rentrent chez eux en début de soirée, les sapeurs maskoutains poursuivent le travail toute la nuit. Le lendemain, la ville est envahie par les curieux qui se promènent dans les ruines encore fumantes. Bien qu’aucune mort ne soit recensée, le bilan de l’incendie reste tragique : plus de 2 000 personnes sont à la rue. Du côté des pertes matérielles, il est question de la destruction de sept usines, plusieurs commerces, près de 120 maisons, ainsi que l’Académie Girouard. Un comité de secours est mis sur pied. Des bénévoles parcourent la ville afin d’amasser des fonds pour venir en aide aux sinistrés qui trouvent refuge en grande partie à l’Hôtel-Dieu et à l’Ouvroir Sainte-Geneviève.

Légende des photographies

1- Les restes d’une manufacture sise le long de la rivière Yamaska. En arrière à gauche, on aperçoit le pont Barsalou, CH478.

2- Vue de l’ampleur des dégâts où il ne reste que quelques cheminés en briques. Au loin, à gauche, l’église Notre-Dame-du-Rosaire et, à droite, les deux clochers de la cathédrale, CH478.

Auteur: Vincent Bernard, archiviste