Magloire Turcot
1861-1866

Portrait de Magloire TurcotVoici quelques faits marquants de l’histoire maskoutaine lorsque Magloire Turcot était maire de Saint-Hyacinthe au cours de la période 1861-1866.

Magloire Turcot est le troisième maire de Saint-Hyacinthe.

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Magloire Turcot

Selon l’historien Pascal Audry, Magloire Turcot était membre de l’Institut Canadien de Saint-Hyacinthe. Pour en savoir davantage sur cette société, consultez son texte: 
Regards sur l’Institut Canadien de Saint-Hyacinthe.

France Labossière à écrit un texte sur la Maison Magloire Turcot. Pour consulter son texte: 
Maisons de la rue Girouard (2) Maison Magloire Turcot.

Qu’est-il arrivé d’important dans notre ville pendant le séjour de Magloire Turcot à la mairie de Saint-Hyacinthe? Voici quelques éléments historiques.

14 septembre 1861
À la demande d’Aurélie Caouette, Mgr Joseph Larocque, évêque du Diocèse de Saint-Hyacinthe, accorde sa bénédiction à la fondation de l’Institut des Sœurs adoratrices du Précieux-Sang le 14 septembre 1861. Les débuts de la première communauté contemplative au Canada sont modestes, car les quatre religieuses présentes à la fondation demeurent dans la maison même de Sœur Aurélie Caouette, sur la rue Larocque à Saint-Hyacinthe. Deux ans plus tard, en 1863, elles emménagent dans une maison plus grande située au 2520 rue Girouard O. Au fil des ans, des centaines de religieuses sont réparties au sein de trente-trois Monastères différents. En 1945, les Monastères sont regroupés en Congrégation monastique et celui de Saint-Hyacinthe devient la maison généralice pour la section de langue française. Depuis la fin des années 1980, le vieillissement de l’effectif amène la communauté à vendre plusieurs monastères et à se doter d’une infirmerie pour recevoir les religieuses malades. Depuis 2014, certaines d’entre elles sont logées dans Les Jardins d’Aurélie, une résidence qui accueille également des religieuses issues de la Communauté des Sœurs de Saint-Joseph. À la fin de l’année 2018, les Sœurs quittent définitivement le 2520 Girouard. (1)

17  au 19 avril 1862
L’histoire de Saint-Hyacinthe est marquée de plusieurs inondations. Celle du printemps 1862 est effroyable. Dans la nuit du mercredi 17 avril au jeudi 18 avril, le niveau de l’eau s’élève à une hauteur considérable et un fort vent fit rompre la glace. On craint alors pour la dame, les moulins situés en bordure de la Yamaska pour utiliser la force motrice de l’eau et les quais environnants. Mais dans l’après-midi du jeudi, le drame survient. Laissons le rédacteur du Courrier de l’époque décrire l’événement. « Un nombre considérable de personnes, témoins muets de ce grand et triste spectacle, voyaient peu à peu les quais céder à la force des eaux et à l’accumulation des glaces. Tout à coup, vers 6 heures du soir un craquement horrible se fit entendre, tout cédait devant ces efforts combinés, et l’eau trouvant une issue, se précipita avec fracas dans le canal qui ne put lui-même résister, et les flots poussés avec violence allèrent se briser contre le moulin à carder de M. Marchessault et l’emportèrent de suite. » (2) À partir de cet instant, les dommages se poursuivent comme un jeu de dominos. Les débris du pont heurtent le pont Biron (aujourd’hui Barsalou) qui cède à son tour et disparaît sous l’écume des eaux. Quelques minutes plus tard, c’est le pont L’Heureux (Concorde) qui s’effondre et qui est entraîné par le courant. À ce moment, il fait noir et l’eau trouve son chemin dans la partie inférieure de la ville. « Tous s’empressaient de sauver leurs effets, et l’eau montant avec rapidité, ce ne fut qu’avec peine que l’on put sauver quelques personnes infirmes ou malades du danger qui les menaçait. Le spectacle de nuit serait difficile à décrire : ce n’était que lamentations, les hommes se croisaient en tous sens afin de porter secours, les pleurs des mères et des enfants sans abri se mêlaient aux mugissements du torrents, de tout côté, on entendait les bâtisses craquer sous l’effort des glaces, et la lumière vacillante de nombreux fanaux rendait encore cette scène plus terrible et plus lugubre. » Par la suite, la dame céda et plusieurs maisons, des moulins et la fonderie en brique de M. P. Soly furent emportés par le courant. Au matin, l’eau avait baissé, mais 80 maisons étaient submergées dont certaines dont on voyait seulement le toit. On parle alors de 126 familles et 561 personnes touchées et désormais sans abri. La rive sud est isolée, car le seul pont ayant résisté, le pont neuf (aujourd’hui Bouchard) est endommagé et la circulation des voitures est impossible. « Et quand pourra-t-on construire les ponts? c’est ce qui est impossible de dire. Mais le plus grand malheur est que St. Hyacinthe se trouve maintenant sans moulin pour cette année. Où ira cette population si dense qui habite les environs de cette ville pour faire moudre son grain? ».

Qu’on se le dise, la population de Saint-Hyacinthe et des environs a vécu un grand malheur au mois d’avril 1862.

Mai 1862
Fondation de l’Académie Girouard. Les commissaires d’école de Saint-Hyacinthe décident de former une académie à laquelle il donne le nom du fondateur du Collège de Saint-Hyacinthe. « Dans cette académie on y enseignera un cours commercial complet, embrassant les langues française et anglaise, la tenue des livres, l’arithmétique (pratique), l’algèbre, l’usage des globes, le dessin linéaire, la grammaire, l’écriture, la géographie, la composition, les versions et thèmes, et de plus le latin pour ceux qui voudront embrasser une profession libérale. » (3)

8 septembre 1862
Cette journée marque l’ouverture des écoles à Saint-Hyacinthe. « La nouvelle académie, dite « Académie Girouard », commencera aussi ses cours réguliers ce jour-là. Le public sera heureux de cette nouvelle, et saura profiter des avantages que ces diverses écoles offrent aux enfants de la ville », indique le rédacteur du Courrier de Saint-Hyacinthe. (4)

Année 1865
En 1865, Louis Côté et son frère Georges quittent la ville de Québec pour venir installer une usine de fabrication de chaussures à Saint-Hyacinthe. Ils s’associent au marchand Victor Côté à leur cousin Jean-Baptiste Bourgeois.  La compagnie portera le nom de Côté, Côté & Côté. L’usine sera située sur la rue Cascades à l’angle nord-ouest de la rue Piété (Duclos).  Louis Côté qui est également un inventeur fait partie des pionniers qui ont contribué à l’industrialisation de Saint-Hyacinthe. Il serait un des premiers à utiliser un engin à vapeur fixe pour faire fonctionner la machinerie.

Cette même année, la Ville de Saint-Hyacinthe reçoit deux demandes pour installer des engins à vapeur. La première demande provient de Joseph Roy qui veut installer ce type d’engin à l’angle Sainte-Marguerite et Saint-François. La demande est laissée sur la table, car on ne connaît pas l’usage qu’il veut en faire. (5) L’autre demande est faite la semaine suivante par A. Richer et Cie qui veut installer un tel engin à l’angle Cascades et Saint-Dominique. À ce moment, le conseil décide de permettre aux deux demandeurs d’aller de l’avant avec l’installation de leur engin à vapeur mais tout cela doit se faire sous le contrôle du comité du feu. (6)

Photo :
Magloire Turcot. Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe, CH478.

Notes
(1) Album historique du Centenaire du Diocèse de Saint-Hyacinthe 1852-1952, p. 29. Société d’histoire de Saint-Hyacinthe. Saint-Hyacinthe 1748-1998. Dictionnaire biographique du Canada, page Aurélie Caouette, consultée le 22 avril 2020. Site internet des Adoratrices du Précieux-Sang. Page Historique de la Cause de Canonisation de Mère Catherine-Aurélie Caouette, consultée le 22 avril 2020.
(2) « Terrible catastrophe ». Le Courrier de Saint-Hyacinthe, 21 avril 1862, p. 2.
(3) Le Courrier de Saint-Hyacinthe, 16 mai 1862, p. 2.
(4) Le Courrier de Saint-Hyacinthe, 5 septembre 1862, p. 3.
(5) « Conseil de Ville ». Le Courrier de Saint-Hyacinthe, 1er août 1865, p. 3.
(6) « Conseil de Ville ». Le Courrier de Saint-Hyacinthe, 8 août 1865, p. 3.

Ce texte est troisième d’une grande série.

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Paul Foisy, avril 2020.