Quand le beurre
vaut de l’or

Il y a 75 ans à la fin de mai 1946

Jeter un coup d’œil il y a 75 ans, en 1946 à Saint-Hyacinthe, nous amène à visiter la société maskoutaine qui sort tout juste de la Seconde Guerre mondiale. Cette guerre, aussi pénible qu’elle a été, n’a cependant pas fini d’affecter la population qui en 1946, doit toujours se plier à un rationnement. Celui-ci consiste en un système de coupons de différentes couleurs que les familles doivent aller échanger afin d’obtenir toutes sortes de denrées comme le beurre. (1)

Or, cette privation ne semble pas avoir empêché Ovide Larivière et Lucien Comeau, des résidents de Saint-Hyacinthe, d’acquérir de ces produits devenus rares. Grâce à un astucieux système, qui réside en la création de chèques frauduleux, ces deux individus sont parvenus à accumuler une quantité considérable de beurre pour en faire la contrebande avec les États-Unis. (2) 

En cette semaine de fin de mai 1946, ce n’est donc pas moins de 2 500 livres de beurre qui a été trouvées par les douaniers du Vermont cachées dans un champ. (3) Cette pratique a, selon Le Courrier de Saint-Hyacinthe, expliqué en partie la rareté du beurre dans toute la province du Québec durant la même période !

Bien ça, on peut dire que ça ne comptait pas que pour du beurre !

Image d'un cahier de ration

Notes
(1) Yves Tremblay, « La consommation bridée: Contrôle des prix et rationnement durant la Deuxième Guerre mondiale », Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 58, n° 4, mars 2006, p. 584.

(2) « Arrêté pour opérations du marché noirs », Le Courrier de Saint-Hyacinthe, 31 mai 1946, p. 1, consulté le 18 mai 2021, <https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2591028>.

(3) Ibid

Photo
Photo d’un ancien cahier de ration avec les différents types de coupons alors utilisés. Collection Centre d'histoire de Saint-Hyacithe, CH653-S1-SS4_Cahier ration_1940s.

Jimy Pelletier, historien, mai 2021.