L'arrivée

«Le 6 mai 1840, des adieux touchants s’échangent à l’Hôpital Général entre celles qui partent pour aller ouvrir un sillon nouveau et celles qui demeurent au vieux foyer.

Pour venir de Montréal à Saint-Hyacinthe à cette époque et en cette saison de l’année, c’est tout une affaire. Il faut prendre le bateau, le Queen, et descendre le Saint-Laurent jusqu’à Berthier; là, vers 6 heures du soir, s’embarquer sur le Saint-Louis, remonter le Richelieu jusqu’à Saint-Charles, où les sœurs arrivent vers 7 heures du matin. C’est le 7 mai; il reste douze milles à faire en voiture pour atteindre Saint-Hyacinthe.

Le curé Crevier, qui s’affaire aux préparatifs de la réception, a dépêché à la rencontre des sœurs l’abbé Godfroy Marchessault, économe au collège. Sept voitures sont là pour recevoir la petite caravane, car les Fondatrices ne sont pas seules : trois jeunes filles, futures postulantes, les accompagnent ainsi que deux filles de service et un domestique. La dernière étape s’effectue, non sans peine car les routes sont impraticables. Ce n’est que vers le soir que Saint-Hyacinthe est atteint. Leur arrivée est signalée de loin. Alors, les cloches de la ville s’ébranlent en carillons joyeux; élèves du couvent de Lorette et leurs maîtresses forment une haie le long de la route ; les collégiens se groupent dans leur cour de jeu, laquelle avoisine l’Hôtel-Dieu naissant, et du haut du collège, la fanfare de l’institution exécute ses plus beaux morceaux. Les prêtres et les notables de Saint-Hyacinthe sont là, entourant l’abbé Crevier qui rayonne de bonheur et d’allégresse. Enfin, le plus cher de ses vœux va se réaliser».

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