2 février 1963

Incendie du séminaire de Saint-Hyacinthe

Vers 17 heures, samedi le 2 février 1963, un violent incendie s’est déclaré dans la partie centrale du séminaire de Saint-Hyacinthe. Il a fallu trois alertes avant de maîtriser les flammes.

Les pompiers, sous les ordres du directeur Lionel Gaucher ont travaillé dans des conditions pénibles, sous le froid et la neige, pendant plus de 32 heures avant de maîtriser les éléments et s’assurer ensuite que le feu ne reprendrait pas dans les ruines fumantes. Apparemment, les flammes auraient pris naissance dans les locaux réservés à l’édition du journal Le Collégien. Après une enquête sommaire, les autorités se perdent en conjectures sur la cause précise de l’incendie.

La partie centrale du petit séminaire construite il y a 150 ans a été complètement ravagée par le feu tandis que les ailes adjacentes, de construction plus récente et mieux protégées, n’ont subi que des dommages par l’eau et la fumée.

Les pompiers se rendirent sans délai sur les lieux et, à leur arrivée, les pompiers se sont employés à faire des sauvetages à l’aide de l’échelle aérienne, évacuant ainsi six prêtres menacés d’asphyxie. Heureusement, les autorités de l’institution avaient déjà fait le nécessaire pour évacuer les élèves et la grande partie du personnel enseignant.

Cependant, les flammes se sont rapidement propagées au point que, quelques minutes plus tard, les étages supérieurs étaient inaccessibles et que la fumée dense empêchait les pompiers et les volontaires de combattre le foyer de l’incendie de l’intérieur. L’on crut, pendant un temps, qu’ils maîtriseraient les flammes sans trop de difficulté. Elles paraissaient s’apaiser, puis reprenaient à divers endroits si bien qu’il fut bientôt impossible de les circonscrire, et tous les efforts tendirent bientôt à préserver les deux ailes neuves, qui remontent d’ailleurs à plus de trente ans.

Seule la partie centrale de la façade où se trouvaient le grand parloir, les bureaux de la préfecture et de la procure, et aux étages, les chambres d’une vingtaine de professeurs qui sont en somme les plus atteints par l’incendie, fut détruite. Un peu avant huit heures, l’immeuble n’était qu’un immense brasier. Vers 8 heures 15, la coupole s’écroula avec fracas, tombant dans la cour intérieure du séminaire.

Devant les proportions menaçantes de l’élément, la Cité de Saint-Hyacinthe a fait appel aux services municipaux des localités environnantes dont Saint-Joseph, La Providence et Douville. Le service de protection de la maison Casavant Frères fut également mobilisé pour prêter main-forte aux pompiers maskoutains.

Une foule de curieux s’est rendue sur les lieux causant ainsi des embouteillages en maints endroits. Le service d’ordre du Corps de protection civile fut aussi mobilisé pour seconder les agents municipaux. On estime que près de 3000 personnes se sont massées près du séminaire pour suivre les progrès de l’incendie et le travail des pompiers.

On ignore l’étendue des dommages mais il y a lieu de croire que les pertes matérielles s’élèveront à plus d’un million sans compter que la majorité des séminaristes et des prêtres ont perdu leurs effets personnels.

Heureusement, grâce à la diligence des autorités du séminaire et des pompiers de Saint-Hyacinthe, on ne déplore aucun blessé. Cependant, on n’ose penser aux conséquences d’un tel sinistre, si le feu s’était déclaré plus tard dans la soirée ou dans la nuit. En effet, quelque 500 élèves et prêtres habitent en permanence au séminaire durant l’année scolaire.

Si pénible que soit la situation, au lendemain d’un sinistre qui afflige la population entière de la ville, il reste que l’on sauva la chapelle, la riche bibliothèque de la maison et celle des élèves, le musée et les laboratoires, la salle académique, le pavillon de 1911 où se trouvent nombre de classes. Les salles d’étude et de récréation subissent des dommages considérables, de même que la plupart des chambres des membres du personnel dans l’aile Nord. Ils sont dus surtout à l’eau et la fumée, mais il n’est rien là qui en soit irréparable. Dans l’aile sud, les prêtres qui y logeaient regagnèrent leurs locaux, une fois le chauffage rétabli.

Une épaisse couche de neige sur la toiture de la manufacture aurait épargné la maison Casavant & Frères Ltée, lors de l’incendie. C’est du moins ce qu’un porte-parole des facteurs d’orgues a déclaré à la suite de l’incendie. La manufacture Casavant & Frères Ltée est située à quelques centaines de pieds seulement du séminaire. Pendant le plus fort de l’incendie, le vent poussait des étincelles sur les bâtiments de la manufacture. La brigade contre les incendies de la compagnie, composée de sept hommes, a été en alerte constamment.