Georges-Casimir Dessaulles
1868-1880 et 1886-1898


Georges-Casimir Dessaulles (1827-1930)


Maire de la ville de Saint-Hyacinthe de 1868 à 1880 et de 1886 à 1898.


Fils de Jean Dessaulles, député et propriétaire de la seigneurie de Saint-Hyacinthe, et de Marie-Rosalie Papineau. Figure plus effacée que celle de son frère Louis-Antoine Dessaulles, il n’en demeure pas moins un homme d’un grand dynamisme qui aimait à s’impliquer dans de nombreux projets et associations économiques, politiques et culturels. Il deviendra peu à peu l’homme le plus en vue Saint-Hyacinthe de par sa fortune et son action.


Georges-Casimir Dessaulles entre au Séminaire de Saint-Hyacinthe en 1837, puis au Séminaire de Québec, et à l’Université de Georgetown, aux États-Unis, pour entreprendre un cours de droit. Il exerce sa cléricature après des avocats Giard et Lafrenaye, à Montréal, de 1848 la 1850.


Au sortir de cet apprentissage qu’il délaisse puisqu’il n’est jamais admis au Barreau, il s’affaire à l’administration et au développement de la seigneurie Yamaska, bien hérité de sa mère en 1852, lorsqu’elle démembre son propre domaine pour le donner en partage à ses trois enfants. Encore au manoir, Georges-Casimir Dessaulles est initié aux rouages de l’État et de la municipalité par son frère, ancien maire, devenu conseiller législatif. En plus, il doit se charger de sa mère qui mourra en 1857.


Georges-Casimir Dessaulles épouse, le 20 janvier de la même année Émilie Mondelet, fille de Dominique Mondelet, juge des Trois-Rivières et d’Henriette Munro. L’année suivante, il est échevin au conseil de ville, poste qu’il tiendra de 1858 à 1862 et de 1865 à 1868. En 1860, la famille Dessaulles quitte le manoir pour aller résider dans la maison sise sur la rue Saint-Hyacinthe (aujourd’hui Hôtel-Dieu) acquise du notaire Augustin Papineau, son oncle.


Quelques années seulement après son mariage, le 29 août 1864, décédait Émilie Mondelet à qui il avait donné une partie de sa seigneurie, subdivision de la seigneurie de Rougemont et comprenant le nord du rang Rosalie dans l’Ange-Gardien. Cette partie de la seigneurie dite Mondelet sera léguée à sa fille, Henriette Dessaulles. Maire à deux reprises, de 1868 à 1880 et de 1886 à 1898, son règne est plutôt tranquille au dire de l’abbé Choquette. « Il a pour tâche de ralentir les idées progressistes et de veiller la faire profiter des gens de sa condition, qui poussent avec plus ou moins de chance, la roue de l’industrie et le développement matériel. »


Georges-Casimir Dessaulles épouse en secondes noces, le 14 janvier 1869, Frances Fanny Leman, fille de David Shepard Leman, médecin, et d’Honorine Papineau. Du côté industriel, il développe une digue sur la rivière Yamaska pour augmenter la force hydraulique utilisée pour une minoterie et pour une manufacture. En 1872, il investit dans « La Fabrique de lainage » avec monsieur Barsalou. L’année suivante, il fonde avec Romuald Saint-Jacques « La Compagnie Manufacturière de Saint-Hyacinthe » laquelle deviendra plus tard « La Penman’s. » En 1874, il devient l’un des directeurs de la Banque de Saint-Hyacinthe qui connaîtra d’innombrables difficultés, en particulier, celles d’affronter les grandes organisations bancaires de la métropole et de financer le chemin de fer des Comtés-Unis.


Georges-Casimir Dessaulles est élu député en 1897, pour le comté de Saint-Hyacinthe aux élections provinciales quelques jours seulement après la mort du candidat libéral Maurice Saint-Jacques, son gendre qu’il remplace d’ailleurs au pied levé. Il se présente contre le Dr Antoine-Paul Cartier. T.-D. Bouchard signale que « Dessaulles était l’un des plus ardents champions de la non-intervention religieuse en politique et qu’il était un fervent partisan de Laurier. » Il ne se représente pas aux élections de 1900. En cette dernière année, il achète le chemin de fer des Comtés-Unis, dans lequel la Banque de Saint-Hyacinthe avait investi et qui fut vendu à l’enchère au Palais de Justice de Saint-Hyacinthe, le 25 janvier 1900, pour la somme de 193 000 $. Monsieur Dessaulles vendra à perte cette entreprise, au gouvernement fédéral, en 1929. Puis il est receveur du « Quebec Southern and South Shore Railways » pendant sa réorganisation, de 1904 à 1906, compagnie qui sera achetée plus tard, par le « Delaware and Hudson Railway ».


Il est appelé au sénat en 1907 pour représenter la division de Rougemont, poste qu’il occupera jusqu’à sa mort. Grand propriétaire foncier, il vend de nombreux terrains pour la construction d’usines et de maisons. Il possède avec son beau-frère, Maurice Laframboise, un club de turf où il exerce des chevaux pour la compétition et qui sera inauguré en 1837. Administrateur ayant plus ou moins la main heureuse, il vend à bon prix ou donne de nombreux terrains à ses amis ou à des associations.


Un coup dur allait lui être porté lorsque la municipalité de Saint-Hyacinthe haussera son rôle d’évaluation et qu’il ne pourra trouver l’argent nécessaire pour défrayer les taxes de son club de turf et de ses propriétés au nord de la ville. Il vendra le tout à un prix dérisoire en 1911, à T.-D. Bouchard, associé à Albini Beauregard et Victor Morin. Ce terrain est compris aujourd’hui dans le secteur Bourg-Joli.


Vers 1860, Georges-Casimir Dessaulles est un des principaux donateurs pour la construction de l’orphelinat des Sœurs Grises à Saint-Hyacinthe. En 1915 G.-C. Dessaulles reçoit un doctorat honoris causa de l’Université de Georgetown. Douze ans plus tard, la ville de Saint-Hyacinthe célèbre son centenaire et érige une porte d’honneur à l’entrée de la ville en guise de remerciement pour de nombreux services rendus.


Georges-Casimir Dessaulles meurt à l’âge de 102 ans, dans sa maison rue Hôtel-Dieu où il demeurait avec Emma, l’une de ses filles. On dit qu’il était le doyen des parlementaires de l’Empire britannique. Georges-Casimir Dessaulles est un humaniste dissocié des valeurs explicitement chrétiennes, homme public respecté et admiré à Saint-Hyacinthe, à Montréal, à Ottawa. Pierre Dansereau dira de lui « il pratiquait le courage d’être. » Une rue de la ville porte son nom ainsi qu’un parc du centre-ville situé à l’emplacement du vieux manoir démoli en 1876.

Photo:
Collection Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe, CH478.