Louis Côté 1882-1886


Qu’est-il advenu d’important dans notre ville pendant le séjour de Louis Côté à la mairie de Saint-Hyacinthe? Voici quelques éléments historiques.


Louis Côté est le septième maire de Saint-Hyacinthe.

Pour en apprendre davantage sur le personnage, nous vous suggérons quatre textes :

Louis Côté 1882-1886
Louis et Eugène Côté, fabricants de chaussures, par Paul Foisy
Familles maskoutaines (4) Les Côté, Daniel Girouard
Maison Louis Côté, par France Labossière


« Au cours de son mandat de quatre ans, Côté s’occupe de près du développement de l’industrie maskoutaine, mais il propose aussi une gestion plus globale de la ville. Il poursuit l’embellissement de la ville entrepris par Morison en plantant quelque deux cents arbres en 1882, dans les rues et au parc Dessaulles. […] La ville fait aussi l’acquisition de nouvelles bornes-fontaines. Enfin, Côté est à l’origine d’un outil d’organisation urbaine essentiel : le numérotage systématique des résidences. » (1)


7 janvier 1882 Le maire Louis Côté
Élu après une lutte épique avec Lewis-Francis Morison, Louis Côté devient le septième maire de Saint-Hyacinthe. L’histoire de l’implantation de l’usine de chaussures McCready que nous avons résumée dans le texte précédant sur Lewis-Francis Morison laisse des traces, car Louis Côté, éminent citoyen et industriel de Saint-Hyacinthe, décide de se présenter à la mairie pour chasser Morison du siège du premier magistrat de la ville. « L’élection du maire, en 1882, provoqua la première collision. Nos journaux L’Union, Le Courrier en conservent des traces violemment opposées. Elle mit en présence les deux chefs de groupe : M. Morison, maire sortant, et M. Louis Côté. Le premier eut l’appui de ses lieutenants MM. Esdras Bernier et M. O. Desmarais, tandis que, avec des ferveurs inégales, MM. de La Bruère, L. Tellier, R.-E. Fontaine, P. Payan, S. Duclos favorisèrent M. Côté. A la surprise du « coin », M. Côté fut élu et commença un règne de quatre ans au cours duquel la question industrielle prima toutes les autres », relate Mrg C.-P. Choquette dans son Histoire de la Ville de Saint-Hyacinthe. (2)


10 février 1882 Louis Côté achète le parc Dessaulles!
Le maire Louis Côté achète une partie du parc Dessaulles pour implanter une usine de chaussure. (3) Selon Mgr Choquette, la Ville cède le terrain où l’on retrouve aujourd’hui le parc Dessaulles à son maire Louis Côté. « Pour M. Côté, une fabrique, c’était à la fois un palais, une école et ce fut, je le présume, avec une entière bonne foi qu’il voulut en faire un ornement au cœur de la ville. Sans soupçonner son projet, le Conseil lui avait concédé, au coût de $3000, le terrain à l’est de la rue Rosalie (Hôtel-de-Ville) s’étendant de la rue Girouard à la rue Dessaulles. […] Malgré sa ténacité habituelle, M. Côté eut le bon esprit de ne pas s’obstiner dans son dessein. Il céda aux représentations de ses amis et ne pouvant, faute d’une force hydraulique suffisante, continuer son industrie dans l’immeuble de la « Compagnie manufacturière », rue Cascades, près du pont Barsalou, qu’il occupait depuis le feu (de 1876), il choisit de s’établir sur la modeste rue Saint-Hyacinthe (Hôtel-Dieu) ». (4) Nous reparlerons de cette fabrique en 1903.


Mars 1882
Le 7 mars 1882, le rédacteur du Courrier écrit que dans la nuit du 2 au 3 mars, le niveau de l’eau est plus haut d’une quinzaine de pieds qu’à l’habitude. « Toute la partie de la ville située entre la rue concorde (sic), la rue St Louis (Bibeau), St Michel (Robert) et la rivière était inondée. […] Le pont, dit de la société, en réparations au moment de l’inondation, fut reculé de plusieurs pouces sur ses assises. (5)


7 mars 1882 Signature du contrat de construction du poste de police et pompiers
La construction du poste de police et pompiers situé sur la rue Cascades à l’angle de la rue Duclos se déroule au cours des années 1882 et 1883. Ayant en main les plans d’architecture, la Ville de Saint-Hyacinthe signe le contrat de construction avec l’entrepreneur Joseph Chenette le 7 mars 1882. Chenette demeure le plus bas soumissionnaire avec une offre de service au montant de 10 300$. (6)


Lisez le texte Ancien poste de police et pompiers de Saint-Hyacinthe, par Luc Cordeau.


28 novembre 1882 Fondation de la Société d’industrie laitière de la province de Québec
C’est le 28 novembre 1882 que se tient à Saint-Hyacinthe, l’assemblée de fondation de la Société d’industrie laitière de la province de Québec. « Il n’y a que par le moyen de l’association qu’on peut parvenir à se rendre compte parfaitement de ce qui se passe ailleurs et de ce qu’on doit faire pour activer le progrès de notre industrie laitière. C’est ce que du reste ont fort bien compris les fabricants de fromage et de beurre de la province de Québec, lorsque, l’année dernière, dans leur grande réunion à St Hyacinthe, ils ont décidé de se former en société en vertu d’un acte du parlement local. Cet acte est devenu force de loi, et par le chapitre 66 du statut de 1882, le Lieut.-gouverneur a reçu le pouvoir d’autoriser, pour la province, la formation d’une association sous le nom de « société d’industrie laitière de la province de Québec. […] La loi dit que la première assemblée de la société aura lieu à St Hyacinthe le 28 novembre prochain pour procéder à l’organisation et à l’élection du bureau de direction ». (7) Lors de cette assemblée, les administrateurs sont élus à l’unanimité et le président fondateur est M. P. B. de la Bruère. Rappelons que c’est cette société qui sera responsable de la fondation de l’École de laiterie de Saint-Hyacinthe quelques années plus tard.


Le Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe conserve le fonds d’archives CH131 Société d’industrie laitière de la province de Québec.


Juin 1883 Une histoire de pêche?
Pour la première fois, on note l’existence d’un club de pêche dans les journaux maskoutains. Voyons ce qu’en dit le rédacteur du Courrier de Saint-Hyacinthe le 16 juin 1883 : « Quatre membres du club de pêche, M. S. Beattie H. Burke, et Burke et Chaput sont allés dimanche dernier à St Hugues faire la pêche à la ligne, et dans trois heures de temps ils ont pris soixante et cinq magnifiques dorés et achigans; le tout pesant 112 livres. »


Août 1883 Fondation de l’Institut des Sœurs de Sainte-Marthe de Saint-Hyacinthe
L’Institut des Sœurs de Sainte-Marthe de Saint-Hyacinthe a été fondé au Séminaire en 1883 par Éléonore Charron (1826-1912), choisie à cette fin par Mgr Moreau et par le chanoine Jean-Rémi Ouellette, Supérieur du Séminaire. « Devant la difficulté de recruter le personnel nécessaire pour l’entretien du Séminaire, le nouveau Supérieur ne voit pas d’autre solution que l’établissement d’une communauté de religieuses domestiques. » (8) Le 3 août 1883, Éléonore Charron et deux compagnes arrivent au Séminaire de Saint-Hyacinthe. La prise d’habit se déroule le 14 août suivant. Pour l’occasion, Mgr Louis-Zéphirin Moreau annonce que la nouvelle communauté aura Sainte-Marthe pour patronne. Après 1920, la communauté accepte de fonder d’autres missions en dehors du Séminaire pour se charger de l’entretien d’évêchés, de presbytères, de maisons religieuses et d’éducation. La Maison mère de la communauté, établie à Saint-Joseph, est fondée en 1927.


Automne 1883 Le téléphone 
Au cours de l’automne 1883, un agent de Bell Canada installe un « standard » téléphonique en ville. Quelques mois plus tard, le journal Le Courrier commente l’installation de ce nouveau système de communication : « Le téléphone n’a fait son entrée chez nous que depuis quelques semaines, et déjà vingt-cinq instruments sont distribués dans différents bureaux. On parle même sous peu d’une communication possible avec Montréal. » (9)


26 décembre 1884 Démission de Louis Côté
Puisque le maire Louis Côté est également président de la compagnie de l’aqueduc qui offre ses services à la Ville de Saint-Hyacinthe, ce dernier offre sa résignation comme maire à cause d’un conflit entre sa compagnie et la Ville de Saint-Hyacinthe. En effet, au cours de l’année 1884, des problèmes d’approvisionnement et de contamination de l’eau surviennent. Cependant, lors de l’assemblée du conseil du 29 décembre, une motion présentée par le conseiller St-Germain afin d’accepter la résignation du maire Côté est rejetée. « Voyant que le Conseil avait refusé d’accepter sa résignation, M. le Maire jugea à propos de retirer sa lettre et de continuer ses fonctions jusqu’à l’expiration de son terme d’office, c’est-à-dire jusqu’en janvier 1886. » (10)


Années 1884 et 1885 Épidémies de typhoïde et de variole
Ces deux années sont marquées par des épidémies de maladies infectieuses.
Lisez le texte « Le soin des malades pendant les épidémies » de Sœur Suzanne Gauthier, s.c.s.h.


Mai 1885 Le kiosque de musique
En mai 1885, avec l’été qui arrive, le Conseil de Ville vote un octroi de 200$ à la Société Philharmonique afin que chaque semaine elle puisse divertir les citoyens pendant la période estivale. Comme les concerts se déroulent entre 20 h et 22 h on veut s’assurer que les musiciens disposent d’un éclairage convenable afin qu’ils puissent bien lire la musique. De plus, lors de la séance du conseil du 22 mai, on dépose une requête réclamant la construction d’un kiosque. L’idée fait rapidement son chemin, car le besoin s'en fait sentir. Alors que le rédacteur du Courrier se demande dans quelle section du parc pourrait être aménagé un tel kiosque, la Ville arrête son choix sur le terrain de MM. Chs. Ledoux et Jos. Nault situé au carrefour des rues Mondor, William (Calixa-Lavallée) et Girouard pour ériger le kiosque. Mais tout ne va pas pour le mieux, car le 7 juillet 1885, le rédacteur du Courrier souligne l’hésitation de la Ville. « Après des tâtonnements, nos édiles ont décidé, parait-il de continuer la construction de Kiosque des musiciens à l’endroit où les travaux ont été commencés. Leur décision est basée sur la peur qu’ils avaient d’écraser le magnifique foin du parc public. » Finalement, le kiosque est terminé au cours du mois de juillet. Pendant de très nombreuses années, ce kiosque construit sur la pointe de terre située face au parc Dessaulles, sera utilisé pour le plus grand plaisir des Maskoutains. 


Photo :
Louis Côté. Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe, CH478.


Notes
(1) Guy Mongrain. « Les affaires municipales ». Saint-Hyacinthe 1748-1998, p. 100.
(2) C.-P. Choquette. Histoire de la Ville de Saint-Hyacinthe, p. 348.
(3) Cité de Saint-Hyacinthe. Archives municipales. Index des documents déposés, procès-verbaux Conseil municipal Ville de Saint-Hyacinthe, 1880-1884, p. 123.
(4) C.-P. Choquette. Histoire de la Ville de Saint-Hyacinthe, p. 348.
(5) Les inondations. Le Courrier de Saint-Hyacinthe, 7 mars 1882, p. 2.
(6) Luc Cordeau. « Ancien poste de police et pompiers de Saint-Hyacinthe ». Chronique Histoire d’ici. Le Courrier de Saint-Hyacinthe, 3 mars 2011.
(7) L’industrie laitière. Le Courrier de Saint-Hyacinthe, 14 septembre 1882, p. 1.
(8) Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe. Répertoire numérique du fonds CH229 Sœurs de Sainte-Marthe, consulté le 17 juin 2020.
(9) « Le téléphone ». Le Courrier de Saint-Hyacinthe, 12 janvier 1884, p. 1.
(10) « Conseil de ville ». Le Courrier de Saint-Hyacinthe, 13 janvier 1885, p. 1.


Paul Foisy, 17 juin 2020.


Ce texte est septième d’une grande série.


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